Nikolaus SIMROCK

Nikolaus Simrock (né le 23 août 1751 à Mayence – 12 juin 1832 à Bonn) était joueur de cor, philosophe, commerçant et fondateur des éditions de Musique N. Simrock. Il était ami de Ludwig van Beethoven
 

 

Dirigeant Fondateur des éditions de Musique N. Simrock.


- Joueur de cor,
- Philosophe et Franc-Maçon,
- Commerçant.
Fils de Johannes Heinrich SIMROCK, Sosa 556, et de Dorothea SOPP, Sosa 557.
W: fr.wikipedia.org/wiki/Nikolaus_Simrock

Nikolaus Simrock est un ami proche de Ludwig van Beethoven.

Éditeur de musique :
Dans le cadre de ses activités commerciales, Nikolaus Simrock fonde en 1793 la maison d'édition de musique N. Simrock à Bonn.
Simrock devient l'un des plus importants éditeurs de musique européenne du début du XIXe siècle. Une des raisons du succès de cette entreprise - en plus du sens des affaires de Simrock - était son attitude pro-française qui a payé après la période électorale en 1794 pendant l'occupation naissante de Bonn et de la Rhénanie par les troupes révolutionnaires françaises.
Nikolaus Simrock sera éditeur de musique pour Ludwig van Beethoven, Wolfgang Amadeus Mozart, Joseph Haydn…
Il gagne une fortune considérable, et devient un immense propriétaire foncier dans la région de Bonn.
Après sa mort en 1832, les éditions de musique N. Simrock seront reprises successivement par son fils Peter Joseph Simrock (1792-1868), Fritz Simrock (1837-1901, fils de Peter Joseph), Hans Simrock (1861-1910, petit-fils de Peter Joseph, neveu de Fritz).

Joueur de cor :
Il commence comme joueur de cor dans une chapelle militaire française avant ses 16 ans.
De retour en Rhénanie, il fait une demande à l'électeur du Saint Empire romain Maximilia Frederick pour un emploi dans l'orchestre de la cour de Bonn. Il commence à y travailler en avril 1775 comme "clairon", avec un salaire annuel de 300 florins. Le jeune Beethoven joue plus tard dans le même orchestre. Beethoven et Simrock deviendront amis, Simrock est considéré comme un "témoin fiable" pour les années de Beethoven à Bonn.

Philosophe et Franc-Maçon :
Simrock était l'un des plus célèbres philosophes du Siècle des Lumières dans la résidence électorale Cologne. Comme ses collègues Franz Anton Ries et Christian Gottlob Neefe, il appartenait à la Minervalkirche Stagira, une association de l'Ordre des Illuminés de Bavière. Après sa dissolution, il était un membre fondateur de la "Lesegesellschaft" (communauté littéraire) à Bonn. Il était un membre co-fondateur de la Loge Maçonnique "Les Frères courageux", fondée à Bonn en 1805.

Commerçant :
Il crée son propre réseau de distribution de musique d'instruments de musiques et dérivés : documents de toutes sortes, enveloppes, encres, peintures, plomb, stylos, canifs, ciseaux à papier, fourchettes, marteaux, instruments anciens et nouveaux, stylos Roth, colophane…

Francisca Ottilia BLASCHEK et Nikolaus SIMROCK ont eu 13 enfants.

En 1800, il ouvre les locaux commerciaux d'édition musicale Simrock dans la maison 391 rue Bonngasse. La maison d'édition lui apporte une fortune considérable. Il achète alors des propriétés et terrains :
- une maison, rue Bonngasse à Bonn, 
- le Wicheishof à Bonn,
- le Frohnhof à Niederbachem et ses cinq domaines viticoles,
- quatre maisons dans les rues Maargasse (ancienne rue Oxfordstraße) et Bonngasse à Bonn, juste à coté de la maison de Beethoven,
- plus de 20 grands domaines dans les quartiers Poppelsdorf, Kessenich et autres, à Bonn,

La propriété acquise en 1803 à l'angle des rues Maargasse et Bonngasse lui offre l'espace pour les ventes, les dépôts, l'imprimerie et l'appartement. Elle est restée jusqu'en 1870, le siège social de l'éditeur.

En 1827, les intérêts de Simrock ont été orientés dans la ville de Bad-Honnef. Il y achète ainsi 86 terrains d'environ 22ha entre 1827 et 1830 répartis en deux domaines viticoles :
- le "Reuschische", 10ha,
- le "Neunkirchsche", 10.5ha.
Ils se trouvent presque tous les terres n´27, 28 et 29 dans le secteur de Hagerhof, Zickelburg et Menzenberg. Ce quartier porte aujourd'hui une rue Karl Simrock. Rien qu'avec ses domaines viticoles, Nikolaus Simrock était un des plus grands propriétaires fonciers de Bad-Honnef.

L'immense propriété foncière que Nikolaus Simrock avait dans le secteur de Bonn, n'est pas restée longtemps dans la famille après sa mort.
De ses treize enfants, huit étaient en vie encore à sa mort. Ses fils Karl et Joseph, et son beau-fils Antoine Keil, avaient la tâche, au nom de la communauté entre cohéritiers, de mettre aux enchères les deux domaines viticoles de Bad-Honnef : le "Reuschische", 10ha et le "Neunkirchsche", 10.5ha. Après la tentative échouée de vente aux enchères, les huit héritiers se mettaient d'accord sur une division. Le notaire partageait la possession proportionnellement en huit lots :

Lot 1 - estimé à 1893 thalers: Le Wichelshof à Bonn,
Lot 2 (Maria Elisabeth Francisca MAGNIER) - estimé à 2750 thalers: Le domaine viticole le "Reuschische", (loué à Jacob Reusch) de Menzenberg à Bad-Honnef. Le domaine contient un immeuble d'habitation, une maison de pressoir, des écuries et un jardin.
Lot 3: Le Frohnhof à Niederbachem de 80 acres,
Lot 4: La maison 394 rue Maargasse, à Bonn,
Lot 5 (Karl) - estimé à 1600 thalers: La maison 392 rue Maargasse, à Bonn, plus trente biens domaniaux dans les communes de Poppelsdorf, Kessenich, Endenich, Lengsdorf, Dottendorf et Bonn.
Lot 6: La maison 391 rue Bonngasse, à Bonn,
Lot 7 (Maria Elisabeth MARTIN) - estimé à 2367 thalers: Le domaine viticole le "Neunkirchsche", (loué à Heinrich Neunkirchen) de Menzenberg, à Bad-Honnef. Le domaine contient un immeuble d'habitation, une maison de pressoir, des écuries et un jardin.
Lot 8: La maison 505 rue Bonngasse, à Bonn,

L'immeuble d'habitation des parents Simrock est estimé à 8 500 thalers (lot ?).
Il semble que l'ensemble de la succession est estimé à 48.000 thalers, soit 185.000 Fr 1830.

Nikolaus SIMROCK

Jacques Joseph (1773-1843), Jacques Joseph (1805-1876), Augustin (1808-1849) Defline 

De bateliers à constructeurs du Chantier Defline J

Nous avons retrouvé très peu de sources sur le chantier naval Defline J, alors que déjà 4 générations de Defline était batelier. Il se peut que le mariage du premier Jacques Joseph avec Wasnon Wattiau (déjà fondatrice d'un chantier est pu contribuer à cette aventure).

Jacques Joseph Defline (6/12/1773- 10/10/1843)

Jacques-Joseph Defline, marié à Marie Claire Watteau est un homme d’affaires et entrepreneur spécialisé dans la construction de bateaux et l’industrie sucrière.

Carrière et activités professionnelles

  • Maître batelier et maître constructeur de bateaux dont il établit le chantier le long du canal de Mons.
  • Co-fondateur et administrateur d’une société regroupant les propriétaires de bateaux, dont il assure la présidence pendant un temps.
  • Propriétaire fondateur du chantier de construction de bateaux DEFLINE.
  • Propriétaire fondateur de la société de fabrication de sucre indigène DEFLINE et Cie.
  • Administrateur de Pillon et Cie (créée en 1832), société chargée de coordonner le fret à prix commun pour les bateaux.

Jacques-Joseph Defline s’installe d’abord au 10 Grande Rue à Condé sur l’Escaut en 1832, puis devient propriétaire au 6, 8 et 10 place Verte. Sa veuve y reste jusqu’à son décès.

Construction navale et développement industriel

Sous l’Empire, Napoléon décide en 1805 la construction du canal de Mons à Condé afin de faciliter le transport du charbon de Belgique vers Paris. Mis en service en 1814, ce canal réduit de moitié le coût du fret, entraînant un développement rapide du transport fluvial dès 1817-1818. Les chantiers de construction de bateaux, auparavant situés sur l’Escaut et la Haine, s’installent désormais le long du canal. Les extracteurs de charbon et marchands de houille se mettent à construire leurs propres bateaux.

En moins de dix ans, le nombre de bateaux double. En 1826, on compte onze chantiers à Condé, parmi lesquels Defline, Philippe Jos Dervaux, François Miroir, Wasnon, Augustin Wattiau et Alexandre Lebrun. Ce dynamisme est freiné par la révolution de Juillet 1830, mais en 1832, les chantiers emploient plus de 200 personnes.

Les bateaux construits à cette époque sont des péniches à fond plat, en chêne et sapin, mesurant de 30 à 40 m de long sur 4,5 à 6 m de large, avec un chargement de 180 à 250 tonneaux. Ils sont vendus entre 12.000 et 18.000 francs et destinés principalement au transport du charbon vers Paris. Leur manœuvre nécessite trois hommes ; le trajet Paris-Pontoise se fait par remorquage, puis les bateaux sont halés par des chevaux jusqu’en Belgique.

En 1830, 48 bateaux sont en construction dans les sept chantiers de l’arrondissement de Mons sur le canal, illustrant l’essor fulgurant de l’industrie locale.

Jacques-Joseph Defline meurt le 10 octobre 1843 à Condé sur l’Escaut, laissant une fortune importante et un héritage industriel considérable.

 

Jacques Joseph Defline (1805-1876)

Maître constructeur de bateaux.
Propriétaire Dirigeant du chantier de construction de bateaux DEFLINE J.
Co-Propriétaire Dirigeant de la fabrique de sucre DEFLINE et Compagnie (avec son frère Augustin).
membre du comice de Condé.

Toujours constructeur de bateau en 1864.

Habite 10 Grande Rue en 1831. Propriétaire en 1855.

Augustin Defline (1808-*1849)

Augustin Defline habite à Condé-sur-l’Escaut, Grande Rue, dans les années 1840, puis au 6, 8, 10 place Verte jusqu’à sa mort.
Lors de son mariage en 1841, il reçoit de ses parents 140 000 F en avance sur la succession, tandis que sa femme reçoit 10 000 F dans les mêmes conditions.
Il commence sa carrière dans le chantier de construction de bateaux de son père avant de diriger son propre chantier, également situé sur le canal de Mons à Condé-sur-l’Escaut.

Les bateaux construits vers 1830 sont :
 

  • Grande Bélandre : 33 m × 4,55 m, 240 tonneaux – 9 500 F
  • Canal : 33 m × 4,55 m, 180 tonneaux – 11 500 F
  • Flutte : 33 m × 4,55 m – 7 500 F
  • Dunkerque : 32 m × 4,25 m – 8 500 F
  • Arras-Couvert : 30,78 m × 4,23 m, 900 tonneaux – 8 000 F

Les fonds sont plats, les côtés perpendiculaires, la poupe et la proue bombées. La durée de vie est de 25 à 30 ans avec deux radoubs. Les bateaux sont construits en chêne, orme, parfois sapin et hêtre, avec des bois provenant de la forêt de Bonsecours. L’étanchéité se fait au goudron. En 1830, 48 bateaux sont en construction dans les sept chantiers de l’arrondissement de Mons sur le canal.

En parallèle de son chantier, Augustin Defline est co-propriétaire dirigeant de la fabrique de sucre Defline et Compagnie avec son frère Joseph. Il est également compétiteur en tir à l’arc, remportant de nombreux prix en argenterie.

Il décède précipitamment du choléra à l’âge de 41 ans.

Joseph Defline, le frère d’Augustin, est également propriétaire et dirigeant d’un chantier de construction de bateaux (Defline J.). Son chantier est ensuite dirigé successivement par son beau-fils Gustave Raverdy, son petit-fils Eugène Raverdy, puis, à partir de 1923, par son arrière-petit-fils Pierre Raverdy et André Wagnier (époux de son arrière-petite-fille Marthe Raverdy). Ils rachètent le chantier pour 110 000 F à Eugène Raverdy.
 

 

Jacques-Joseph Defline est un homme d’affaires et entrepreneur spécialisé dans la construction de bateaux et l’industrie sucrière.

Naissance 28 oct. 1843, Condé-sur-l'Escaut, 59153, Nord, Nord-Pas-de-Calais, France, Mariage le 17 déc. 1874, avec Noémie Marie Louise CHAPPUY, Décès14 janv. 1886, Condé-sur-l'Escaut, 59153, Nord, Nord-Pas-de-Calais, France

Jacques Joseph Defline fait ses études au Lycée Saint-Louis à Paris, puis intègre l’École Centrale comme ingénieur des Arts et Manufactures (promotion 1863, sorti en 1866 - admissible à Polytechnique).

Il débute sa carrière comme ingénieur à la Société anonyme des Produits Chimiques d'Hautmont de 1866 à 1867.

À partir de 1867, il se consacre aux intérêts familiaux, considérables, et devient administrateur et investisseur dans plusieurs sociétés :

  • Charbonnage de Bernissart (extraction de charbon et de phosphate).
  • Fabrique de sucre indigène.
  • Établissements Kuhlmann (exploitation de phosphates).
  • Société Fives-Lille-Cail (construction de machines et de chaudronnerie).
  • Fabrique de produits chimiques.

Il est vice-président du Comice de Condé en 1869.

En 1874, il se marie avec Noémie Marie Louise Chappuy le 17 décembre 1874.

En 1874, il possède 1 009 200 francs en titres et argent liquide, tandis que sa femme détient 110 000 francs.

Il préside la Société des Sciences et Manufactures de 1894 à 1898.

Généreux, il distribue une grande partie de ses biens aux pauvres de Bruay et fait des dons importants aux Sociétés de Secours Mutuels.

Dès les années 1875, il s'investit en politique (républicain) :
Dans sa jeunesse, il combat l’Empire avec fermeté. En 1888, il lutte contre le Boulangisme.

  • 1888-1898 : Conseiller général du Nord.
  • 1888-1898 : Maire de Bruay-sur-l’Escaut.
  • 1898 : Conseiller municipal de Bruay-sur-l’Escaut.
  • 1893 : Refuse de se présenter aux législatives, malgré les sollicitations.

Il habite au 6, 8, 10 place Verte à Condé-sur-l’Escaut.

En 1875, il déménage à Bruay-sur-l’Escaut et achète une belle demeure entourée d’un parc de 2,8 ha, sur la route menant de Fresnes à Valenciennes. La maison est décorée par L. Rossy.

Il décède le 14 janvier 1898 des suites d’un œdème. Sa disparition touche profondément la population de Bruay, et plus de 10 000 personnes assistent à ses obsèques. Plusieurs personnalités régionales prononcent un discours en son honneur.

Louis et Georges Chappuy

La varrerie Louis Chappuy

La verrerie Chappuy est autorisée par ordonnance royale n° 17 272 du 12 janvier 1843 au profit de Louis Chappuy à Frais-Marais; hameau de Douai dans le département du Nord pour une fabrication de verre blanc à vitres et à bouteilles[1]. Elle deviendra par la suite la Société Anonyme des Verreries à Bouteilles du Nord à la suite de l'absorption de trois autres verreries.

Naissance de la verierie 

Des opposants à l'installation de la verrerie Chartier à Douai-Dorignies l'oblige à construire au centre de la parcelle avec une cheminée de 20 mètres. Ces contraintes sont également appliquées à Louis-François Chappuy qui est également autorisé en 1842 à une verrerie à Frais-Marais. Elle lui sera accordée sous réserves qu'elle soit construite au centre du terrain avec une cheminée de 20 m pour ne pas gêner le voisinage[2].

Louis Chappuy est né le 5 octobre à Saint-Dié-des-Vosges et décède en 1878[3]

La famille Chappuy est originaire des Vosges. Son berceau est la petite ville de Mirecourt. Le père de Louis Chappuy avait été commissaire des guerres sous Napoléon Ier, il rentra, après l'écroulement de l'Empire, et fut nommé à Douai receveur principal des contributions indirectes et entreposeur des tabacs.

Louis-François Chappuy étudia l'art de la verrerie dans sa région natale ; les Vosges et dès 1841, se mit résolument à l’œuvre. Il fut d'abord chargé de la construction et de la direction d'une verrerie au Havre, mais, pour se rapprocher de son père, il entreprend de fonder un établissement analogue près de Douai[3].

C'est au hameau de Frais-Marais qu'il en choisit l'emplacement.

« L'usine de Frais-Marais fut construite entre le canal de la Scarpe et la grande route de Douai à Lille, placée ainsi de façon à recevoir facilement les matières premières, comme à expédier les produits de sa fabrication, ainsi favorablement située, dirigée avec une volonté ferme et prudente, une vigilance de tous les instants et une réelle entente commerciale. Louis Chappuy prit part à beaucoup d'expositions industrielles et y fut l'objet des distinctions les plus flatteuses. Un diplôme d'honneur, 2 médailles d'or, un rappel de médaille d'or, 3 médailles d'argent, 6 médailles de bronze et autant de mentions honorables forment les titres de noblesse de la verrerie de Frais-Marais. »[3]

Le 4 septembre 1849, Louis Chappuy délivre un brevet d'invention pour la fabrication de la chaux.

La verrerie occupe 60 ouvriers en 1850, puis prospéra pour en compter jusqu’à 150 par la suite[3].

En 1855, elle fabrique annuellement plus d'un million de bouteilles et 40.000 dames-jeannes. Les trois-quarts de ses produits sont destinés à l'exportation. Elle fait des dames-jeannes de 50 à 100 litres de contenance et qui ne pèsent que 10 à 18 kilogrammes. La confection de ces vases, qui sont soufflés dans moules présente de grandes difficultés d'exécution[4].

Les relations que Louis Chappuy avait conservées au Havre lui donnèrent la facilité de nouer de fructueux rapports avec l'Amérique, où il expédiait chaque année notamment une grande quantité de dames-jeannes.

L'installation de cette verrerie attirera d'autres implantations, des constructions de logements, d'école et d'église apportant une expansion de ce hameau qui ne comportait que quelques maisons. Par ailleurs, il se lança dans plusieurs œuvres de charité pour le bien-être de ses ouvriers et de la population de Frais-Marais (voir l'article détaillé).

Le 19 novembre 1859, le conseil des prud'hommes de Douai ordonne a Louis Chappuy la régularisation du livret (de travail) de M Georges, et condamne Louis Chappuy à payer M. Georges onze journées de travail à titre de dommages et intérêts[5].

  

La verrerie s’établit sur les bords de la Scarpe canalisée dans une situation pour recevoir les matières premières et écouler ses produits.

Georges Chappuy

Marie Louis Nicolas Guislain Georges Chappuy, maître de verrerie, nait à Douai au hameau de Frais-Marais; le 30 novembre 1854 est le fils de Louis-François Chappuy et de Laure-Sophie-Louise Chevillart [6].

En 1878, à la mort de son père, Georges Chappuy reprend la direction de la verrerie. La verrerie Chappuy occupe 300 ouvriers en 1908[7].

Georges Chappuy sera :

  • Vice-président du Syndicat des Maîtres de verreries de France (1889 à 1899)[8];
  • Vice-président de l'Association des verreries à bouteilles du Nord (1898 à 1910)[8];
  • Membre (1887), vice-président (1903) puis président de la Chambre de Commerce de Douai[8];
  • Président en 1904 et membre durant 23 ans du Conseil des Prud’hommes de Douai[8];
  • Conseiller honoraire au Ministère du Commerce et de l'Industrie (1922)[9]
  • Administrateur de la Banque de France[8].

Il obtient les distinctions :

  • Médaille d'Honneur du Conseil des Prud'hommes (1907) ;
  • Chevalier de la Légion d'honneur, décoré par Paul Hayez, (1910);
  • Médaille d'or à l'Exposition universelle de Londres ;
  • Médaille d'Honneur de la Société d'Encouragement du Bien ;
  • Diplôme d'Honneur du ministère de l’Intérieur, pour son dévouement aux populations victimes de la guerre ;
  • Officier de la Légion d'honneur, décoré par Paul Lemay, (1925);

Pendant la guerre, il s'occupa activement des sinistrés, ainsi que des prisonniers des régions libérées et faisait partie de nombreux groupements qui s'intéressaient à leur sort[10],[6].

Georges Chappuy meurt de pneumonie à son domicile au 8 rue boulevard Delbecque à Douai, à l'âge de 79 ans, le 7 novembre 1933[10]. Dans cette habitation ont logé, l'empereur Guillaume II et le prince Eitel-Frédérick, durant un séjour en France occupée[11].

Invention du Transporteur de Bouteilles

Georges Chappuy invente et teste en 1900 un transporteur à bouteilles et autres objets en verre à l'état incandescent depuis la place où ils sont façonnés jusqu'au four à recuire[6]. Cet investissement permettra de réduire le travail des enfants.

L'inspecteur du travail François Fagnot en tire les conclusions suivantes :

« Le transporteur qui fonctionne chez lui depuis quatre ans lui donne entière satisfaction. Avant l'installation des transporteurs, il occupait 50 porteurs. Il n'en a plus que 15 à 18 occupés à cet emploi pour le même nombre de places.
Sans parler de ses avantages au regard de l'hygiène et de la sécurité, le transporteur réduit si heureusement le nombre des enfants occupés à porter les bouteilles qu'il est maintenant possible de supprimer le travail de nuit pour les porteurs. Les quelques enfants employés aux transporteurs pourront être remplacés, la nuit, par des manœuvres occupés le jour, par alternances, à des travaux de cour. Il y aura pour le patron une augmentation de dépenses que l'économie réalisée par l'emploi du transporteur lui permettra de supporter. »[7]

Concernant les cueilleurs François Fagnot relève :

« En ce qui touche les cueilleurs, la solution ne lui semble possible que lorsque la fabrication de la bouteille pourra se faire à la machine, ce qui ne saurait beaucoup tarder.>br> La question est à l'étude, en ce moment, aux États-Unis, en Allemagne, en Angleterre, en Belgique, en France, dans tous les pays. On propose aux verriers français d'acheter des licences pour l'emploi du brevet de la machine Owens, qui supprime complètement la main-d’œuvre du verrier. »[7]

Charles Delzant par la Voix des verriers et dans Les Temps nouveaux dénoncera ce rapport ajoutant que l'inspecteur du travail manger à la table des patrons.

Grèves

Une grève générale nationale, dans les 42 verreries à bouteilles (verrerie noire), est lancée le 9 octobre 1891[12].

Le 20 octobre 1891 deux tiers des ouvriers demandent à M. Chappuy la reprise du travail mais celui-ci reste solidaire de ses collègues patrons se remettant aux négociations en cours à Paris. Le lendemain les grévistes redemandent la reprise, comme un four sur trois est en chauffe; une réembauche de 34 ouvriers est lancée le jour même. À la verrerie Chartier de Dorignies à Douai la grève continue[13]

Verreries à Bouteilles du Nord

papier à entête des Verreries a Bouteilles du Nord en 1955

À la suite de la destruction de la Verrerie Chappuy en 1914, Georges Chappuy fondera la Société Anonyme des Verreries à Bouteilles du Nord[6] qui est issue de l’absorption de quatre verreries : la verrerie Houtart (à Denain), la verrerie Paul Wagret & Compagnie (à Escautpont), la verrerie de Dorignies (à Douai) et la verrerie Georges Chappuy (à Frais-Marais)[14].

Le siège social est situé à Paris, au 10 rue des Saussaies. Georges Chappuy est président du Conseil d'Administration[8]. Lucien Delloye (directeur général des Glaceries de Saint-Gobain, Chauny et Cirey) est vice-président[15]. Firmin et Charles Houtart sont administrateurs délégués[15]. Le capital est de 12 millions de francs en 1925 et 17 millions en 1935.

La verrerie fabriques des bouteilles de tous genres, des bocaux, des dames-jeannes, des bonbonnes, des touries pour acides, des barils en verre, des briques en verre soufflé[15]. Elle a des clients prestigieux comme Moët & Chandon[16].

Les Manufactures des glaces et produits chimiques de Saint-Gobain, Chauny et Cirey prend des participations en 1918, de la Société Anonyme des Verreries à Bouteilles du Nord[17], et prend le contrôle de la verrerie.

Elle continue d’exercer sans changer de nom. De 1937 à 1945, la verrerie à bouteilles de Vauxrot (ancienne verrerie Deviolaine) est progressivement rachetée[18]. Les verreries de Frais-Marais, Denain et Douai sont progressivement fermées au profit des verreries d’Escaupont et Vauxrot. Son capital est de 120 millions en 1955.

Le 17 juillet 1961, la société anonyme est radiée pour cause de fusion-absorption par Saint-Gobain.

Une société anonyme est alors recréée par Saint-Gobain en 1972, elle est renommée Verallia en 2010

Usine Chappuy

André Defline

 

Biographie

Naissance

19 avril 1876
Bruay-sur-l'Escaut

Décès

8 mars 1945 (à 68 ans)
Billy-Montigny

Nom de naissance

André Louis Joseph Ghislain Defline

Nationalité

française

Formation

École polytechnique
École nationale supérieure des mines de Paris

Activités

Ingénieur, chef d'entreprise

Parentèle

Pierre Ceyrac (petit-fils)

Autres informations

Distinction

Officier de la Légion d'honneur‎ (1922)

 

André Louis Joseph Ghislain Defline (né le 19 avril 1876 à Bruay-sur-l'Escaut et mort le 8 mars 1945 à Billy-Montigny) est un ingénieur du Corps des mines. Il dirigea les Mines domaniales de la Sarre, puis les Mines de Courrières, la plus importante entreprise houillère de France.

Biographie

Fils de Noémie Chappuy et Joseph Defline (administrateur de société, maire de Bruay-sur-l’Escaut, conseiller général du Nord). Petit-fils du maître verrier Louis Chappuy.

Joseph Defline prit une part importante dans l’instruction de son fils. Il l’envoie à Paris au lycée Louis le Grand afin de préparer Polytechnique. Il entre à Polytechnique (promotion X1896) classé deuxième. Il sera major en 1897 et deuxième en 1898. Il effectue son service militaire en 1898-1899 à l'Ecole d'application d'artillerie de Fontainebleau puis poursuit ses études à l’École nationale supérieure des mines (major les trois années)[1],[2]. Il est diplômé en 1902.

Il commence sa carrière comme Ingénieur Responsable du sous-arrondissement d'Alès (1902-1904) et de Valenciennes (1904-1912). Il participe aux opérations de sauvetage lors des catastrophes de Courrières (1906). Il dirige les opérations de sauvetage de la catastrophe de Clarence (1912). Pour son dévouement, il est félicité par Jean Dupuy, ministre des Travaux Publics, et sera cité à l'Ordre du Corps des Mines[3].

En 1912, il est Directeur du service des appareils à vapeur de la Seine et par arrêté du 8 décembre 1913, il est nommé professeur suppléant du cours de législation assuré par le professeur Paul Louis Weiss à l'École nationale supérieure des mines de Paris. Il est chargé, en cette qualité, d'une des trois leçons par semaine que comporte ce cours[4]. À partir de mai 1914, il devient membre de la commission permanente des recherches scientifiques sur le grisou et les explosifs employés dans les mines.

Pendant la Guerre, il est affecté le 1er septembre 1914 comme commandant à la manufacture d'Armes de Saint-Étienne. Il y termine à la fin de la guerre comme lieutenant-colonel et sous directeur.

Le 2 septembre 1918, il est nommé directeur des Mines[5].

À la suite du traité de Versailles, la gestion et l’exploitation des Mines Domaniales de la Sarre (Allemagne) sont confiés à la France en compensation des destructions par les Allemands des mines du nord de la France. Le 11 janvier 1920, il est nommé directeur général des Mines Domaniales de la Sarre[6].

Pendant ses fonctions, ses qualités y sont révélées[3]. André Defline s’impose d’emblée par ses compétences, son sens de l'organisation et d'éminentes qualité de méthode[7]. Ses ingénieurs l’ont dénommé le « Jupiter olympien »[3].

La gestion des Mines Domaniales de la Sarre se révèle bénéfique, puisque lorsqu’André Defline donne sa démission en 1929, il laisse un excédent de recettes, tout en ayant préparé le gisement pour les années à venir. Le rendement par jour et par ouvrier est accru[8]. Les records de production sont battus pour être amenés à 13.6 millions de tonnes en 1927[8]. Les rendements, les conditions de travail et de sécurité des ouvriers sont améliorées. En 1926, les bénéfices permettent de payer des travaux neufs et de multiplier par 14 le fonds de roulement[8],[7].

En 1929, André Defline est nommé directeur général de la plus importante[9] entreprise houillère de France : les Mines de Courrières. À cette époque la Compagnie des Mines de Courrières est la dixième capitalisation des sociétés françaises (1.3 milliard)[9].

En plus de ses fonctions de directeur général, André Defline est président de la Chambre des Houillères (Syndicat patronal des compagnies minières du Nord de la France), et président du Comptoir des Mines (chargé de la centralisation des ventes de charbon).

Ses nominations interviennent dans une période difficile : krach de 1929, récession de 1925 à 1939 du marché charbonnier face au pétrole et l’énergie hydraulique, Seconde Guerre mondiale, nationalisation de 1944.

Cela ne l’empêche pas de faire conforter aux Mines de Courrières sa place de numéro un des compagnies houillères. Mais les dividendes subissent une division par deux. Pour faire face, André Defline adopte une nouvelle stratégie financière en 1932 en doublant le capital par des emprunts[10].

En 1938, la Compagnie produit 3.4 millions de tonnes de houille et 332 537 tonnes de coke ; elle emploie 15 941 employés et ouvriers, possède 9 316 logements, seize écoles recevant 4 211 élèves et une école ménagère.

Les mines françaises sont affaiblies par la guerre, le gouvernement décide de nationaliser toutes les mines[11].

André Defline restera directeur général des Mines de Courrières, président de la Chambre des Houillères, président du Comptoir des Mines jusqu’à la nationalisation des mines (Ordonnance du 11 octobre 1944).

Cet événement l’aura épuisé, il meurt le 8 mars 1945.

Les Mines de Courrières restera la plus importante entreprise houillère de France jusqu’à sa nationalisation[10].

Distinctions

André Defline

Fonction Inspecteur général des carrières

1914-1918

Galerie

Lorem ipsum dolor sit amet, consectetur adipiscing elit. Nulla euismod condimentum felis vitae efficitur. Sed vel dictum quam, at blandit leo.

André Defline

à compléter

Len attente de documents

Vi

Paule Defline (née Viotte)

Une femme précurseure, engagée politiquement et socialement

Alors qu'elle vient de donner naissance à 9 enfants qui formeront une famille d'une diversité incroyable, voilà que dès 1945, parmi les premières femmes à s'engager en politique, menant de front une vie familiale et humaniste, c'est pendant plus de 20 ans que restera engage auprès de la mairie de Lillle en tant que première adjointe. Elue suppléante au Conseil National en 1956, et restera en charge des finances de la ville, mais son principal combat restera la reconnaissance de droit des femmes, de la justice sociale en particulier pour permettre aux enfants modestes de pourvoir partir en vacances, le maintien de la remise de la médaille des mères., ainsi que la création de la fête des mères.

Elle soutient par ailleurs le remise en place des commission extra communales pour soutenir les familles lilloises. Dotée de fortes valeurs, elle se battra contre la gratuité de la cantine scolaire pour les écoles privées, la suppression de certains médecins municipaux et la diminution de l'aide aux vieillards.

Elle sera également nommée au titre d'officier d'état civil, de police administrative et de contrôleuse des dépenses !

 

Femme d'un courage exemplaire, elle a réussi à une époque à conjuguer des luttes sociales importantes dans une région minière en proie à un dure labeur mais aussi à réussir l'éducation de ses enfants.

Elle nous quittera bien trop tôt malheureusement.

Elue suppléante en 1956 des Elus Républicains Sociaux

Tagline

Les cartes de membres de conseiller municipal et conseiller Général
de Paule Viotte

Camille Viotte

Camille Viotte, né le 18 juillet 1871 à Charquemont et mort le 2 novembre 1928 à Metz, est un général de brigade français. Il grandit au sein d’une famille modeste à Montbéliard. Son père, Charles Joseph Viotte (1837-1890), exerçait comme horloger, une profession typique de cette région jurassienne. Sa mère, Marie Josèphe Gigandet (1848-1922), était issue d’un milieu paysan. Camille Viotte a deux frères et sœurs : Julia Viotte (1876-1966) et Jules Viotte (1884-1904), qui meurt à seulement 20 ans.

 

Famille

À l’âge de 21 ans, le 22 juin 1898, Camille Viotte épouse Marguerite Parmentier (1876-1951), fille du maire de Lunéville. De cette union naissent de nombreux enfants dont Jacques Viotte (1901-1971), Paule Viotte (1909-1978), Lucette Viotte (1911-2004), Yves Viotte (1914-2013) et Le mariage de Camille Viotte, alors jeune officier, nécessite l’approbation de ses supérieurs hiérarchiques.

Carrière

Il entre à l'École spéciale militaire de Saint-Cyr en 1890, pour en sortir Lieutenant au 2e bataillon de chasseurs à pied à Lunéville.

Il entre à l'École supérieure de guerre en 1898. Cependant, en raison des modestes moyens financiers de sa famille, ses parents adressent une demande de bourse et de trousseau au ministère de la Guerre. Sans ce soutien, il leur serait impossible de financer ses études. La famille s’engage par ailleurs à rembourser la bourse si Camille ne s’engage pas pour une durée minimale de dix ans dans l’armée. La demande de bourse est acceptée le 23 août 1890 à Besançon, une décision déterminante pour l’avenir de Camille. Le 30 octobre 1890 Camille intègre Saint-Cyr à l’âge de 19 ans. La même année est marquée par un drame familial, la perte de son père, Charles Joseph Viotte.

Il s'engage volontairement pour cinq ans à Belfort le 27 octobre 1890 en tant qu'élève-soldat. Rapidement, il progresse dans la hiérarchie : il est promu caporal le 24 août 1891, puis sergent le 25 octobre de la même année, avant d’être nommé sergent-fourrier, chargé des tâches d’intendance le 20 novembre 1891. Il termine l’école le 1er octobre 1892 avec le grade de sous-lieutenant et est affecté au 2e bataillon de chasseurs à pied à Lunéville, une unité d’infanterie légère. En tant que sous-lieutenant, Camille Viotte joue un rôle clé dans l'encadrement des hommes, en supervisant leur entraînement et leur préparation au combat. Cette première affectation constitue une étape fondamentale dans la construction de son identité militaire. Reconnu pour ses qualités, il reçoit des appréciations élogieuses de ses supérieurs, comme en témoigne un rapport du chef du 2e bataillon de chasseurs à pied de Lunéville : « Viotte est bien noté par son corps d’armée. C’est un officier instruit, intelligent, zélé et consciencieux. Ne mérite que des éloges. Sert avec exactitude et avec entrain. Très intelligent, travailleur, actif. Santé vigoureuse. ». Il est promu lieutenant le 1er octobre 1894, et est ensuite employé comme officier adjoint auprès du major de la garnison de Lunéville.

Camille Viotte reste affecté au 2e bataillon de chasseurs à pied à Lunéville jusqu'en 1895, date à laquelle il est transféré à un autre régiment ; après son affectation à Lunéville, Camille Viotte est transféré au 2e régiment de chasseurs à pied à Amiens, où il poursuit sa carrière militaire.

Il est nommé le 6 novembre 1902, Officier d’ordonnance du général adjoint du gouverneur de Belfort. Il est ensuite capitaine successivement au 146e régiment d'infanterie à Toul, à la 48e division d'infanterie, à la 43e division d'infanterie, et à la 22e division d'infanterie à Vannes.

Le 9 avril 1903 ; il accède au grade de capitaine. À ce titre, il assume de hautes responsabilités dans la gestion des hommes et des opérations militaires. À l’approche de la Première Guerre mondiale, Camille Viotte est un officier expérimenté, et est affecté au 152e régiment d'infanterie basé à Gérardmer, dans les Vosges. Le 152e régiment d’infanterie, surnommé « les Diables rouges » pour leur bravoure, est une unité de prestige. Stationné dans une région frontalière proche de l'Allemagne, ce régiment fait partie des troupes chargées de défendre les zones montagneuses et les points stratégiques des Vosges, dans un contexte de tension croissante entre la France et l'Allemagne à la veille de la guerre.

Le 28 juillet 1914, l’archiduc François-Ferdinand est assassiné par un nationaliste serbe ; les tensions étant à leur apogée l’Autriche-Hongrie déclare la guerre au royaume de Serbie ; en vertu des différentes alliances conclues les puissances européennes se déclarent une à une la guerre ; ainsi la France déclare la guerre à l’Autriche-Hongrie le 12 aout 1914. Ainsi, Viotte, promu capitaine depuis le 9 mai 1903 entre dans la guerre comme des millions d’autres hommes. Tout au long de sa carrière il participe à énormément d’offensives et contre-offensives qui sont retranscrites dans son dossier militaire, dossier qui détaille également les unités auxquelles il est affecté et son rôle au sein de celles-ci.

Pour commencer, Viotte à largement participé à la bataille des Frontières : dans la période du 2 août au 15 septembre 1914 il était capitaine d’état-major de la 22e division ; il a participé à la bataille de Maissin (22 août, en Belgique), la bataille de Saint-Quentin (ou bataille de Guise, 27 août), la bataille de la Marne (5-12 septembre) et enfin la bataille de Saint-Hilaire-le-Grand (ou bataille de Champagne, 15 septembre).

Par la suite, du 15 septembre 1914 au 13 mars 1915 il a été chef de bataillon du 19e régiment d'infanterie, il a alors participé à la bataille de Sillery-Puisieux (16-18 septembre 1914), la bataille de Thiepval (fait partie des batailles de la Somme, 6-7 octobre) et enfin à l’attaque de La Boisselle (17 décembre).

Du 13 mars 1915 au 18 août 1916 il est commandant en chef d’état-major de la 40e division d’infanterie ; il participe ainsi aux offensives du bois de La Gruerie et de Bagatelle (Lieux-dits et hameaux aux abords de Vienne-le-Château dans la Marne et aux grandes batailles de Champagne (25 septembre-6 octobre 1915) mais aussi à la bataille de Verdun (15 mars-2 juin 1916), il est par la suite envoyé vers Baccarat.

Il acquiert le grade de lieutenant-colonel et commande le 230e régiment d'infanterie du 18 août 1916 au 1er février 1917. Il est renvoyé à Verdun puis participe à la reconquête du fort de Douaumont lors de la bataille du même nom (24-28 octobre).

À l’issue de la reconquête française il devient sous-chef d’état-major au 12e corps d'armée le 24 janvier 1917, puis chef d'état-major du 13e corps d'armée le 1er juin 1918. Il fait les campagnes d’Italie. Après la campagne d'Italie, il est reconnu officier de la Couronne d'Italie et reçoit la Croix de guerre italienne (8 août 1918). Il est fait commandeur de Saint-Michel et Saint-Georges de Grande-Bretagne, toujours au même grade ; et est envoyé sur le front alpin du 11 avril 1917 au 1er juin 1918 dans le cadre du soutien allié à l’Italie, après la très lourde défaite à Caporetto contre l’armée austro-allemande.

Pour finir le lieutenant-colonel Viotte revient en France avec le rôle de sous-chef d’état-major du 13e corps d'armées du 1er juin 1918 au 15 septembre 1919 ; il participe aux offensives de la Vesle et à l’attaque de la Hundling-Stellung (25 octobre-4 novembre).

Article détaillé : Reprise du fort de Vaux.

Il est promu colonel en 1923, il est affecté au 163e régiment d'infanterie dans la Sarre,en Allemagne.

Il est nommé général de brigade en 1927, il reçoit le commandement de la 42e division d'infanterie à Metz.

En 1928, les médecins diagnostiquent à Viotte une bronchite congestive, c'est-à-dire une bronchite aiguë, qui est caractérisée par des crachements de sang dus à son exposition aux gaz lors de la guerre. De plus, Camille Viotte constate qu’il a des gênes au niveau de la vessie. Ces gènes amènent le médecin à penser qu’il a un cancer de la vessie. D’après le rapport du 1er novembre 1928, Camille Viotte l’aurait ignoré jusqu’à sa mort. Il lui est conseillé de prendre des congés à Larmor près de Lorient durant deux mois. Cependant, ses congés se font à Vannes du 16 juin au 16 août 1928 ; mais cela n’a pas arrangé son état de santé. Il meurt le 2 novembre 1928 à l’âge de 57 ans à Metz. Il est enterré à Lunéville auprès de sa femme et de sa belle-famille le 5 novembre 1928.

Le général Viotte laisse derrière lui sa femme et deux de ses trois enfants, dont Yves Viotte qui marchera dans les pas de son père en devenant à son tour général à l'issue de la Seconde Guerre mondiale. Il meurt en fonction à l'âge de 57 ans, et est inhumé à Lunéville le 5 novembre 1928.

Citations à l'ordre de l'Armée

Nommé Chevalier de la Légion d'honneur le 5 mars 1915, il est Chef de Bataillon, Commandant le 2e Bataillon du 19e régiment d'Infanterie :

  • « A fait preuve, en toutes circonstances, des plus belles qualités militaires, notamment le 5 Octobre 1914, en ramenant lui-même, deux fois, à l'assaut de la position attaquée, les hommes de deux Compagnies de son régiment, et en les maintenant pendant plus d'une heure sous un feu d'enfer de mitrailleuses. »
  • [1] [archive] « Le 17 Décembre 1914, où, chargé de la mission la plus périlleuse dans le secteur des attaques, il maintenait son bataillon pendant plusieurs heures sous des feux venant de trois directions, à dix mètres de la lisière d'un village, donnant personnellement l'exemple de la plus grande bravoure et du plus grand sang-froid, perdant dans cette action les trois quarts de l'effectif qu'il commandait. »
  • « Le 7 Février 1915, en dirigeant une contre-attaque sur des excavations de mine, occupées par les Allemands, et en lui imprimant une telle énergie qu'une seule Compagnie de son Bataillon réussissait à repousser l'ennemi en lui tuant 120 à 130 hommes. » (à Ovillers la Boisselle).

Chef d'État-Major de la 40e division d’infanterie, le 2 novembre 1915 :

  • Bataille de Champagne (1915) « Chef d'État-Major remarquablement doué. A montré les plus belles qualités d'intelligence, de méthode et de sens tactique aiguisé dans la préparation et l'exécution des attaques des 25, 26 Septembre 1915 et dans l'organisation du terrain conquis. »

Nommé Officier de la Légion d'honneur le 14 novembre 1916, il est Lieutenant-colonel, Commandant le 230e Régiment d'Infanterie :

  • Bataille de Verdun « Chef de Corps d'une grande valeur et d'une activité exceptionnelle : a amené à l'attaque du 24 Octobre 1916 un régiment remarquablement préparé, a eu, malgré l'opiniâtreté de la défense ennemie, conserver la direction de l'action et enlever de haute lutte les objectifs qui lui avaient été assignés. »

Décorations

Général Camille
 Viotte

La vie rustique signifie vivre bien et en harmonie avec la natureet les éléments géostratégique qui nous impactent

Lieutenant Jacques Defline, chef de section du 8ème Choc

Jacques Defline

Le lieutenant Jacques Defline, du 8ème Choc, participa aux combats pour la défense d'Huguette 6 au cours desquels il fut grièvement blessé dans la nuit du 4 au 5 avril.
Saint-cyrien de la promotion Garigliano (1949-1951), Jacques Defline choisit de servir à sa sortie de l'école dans l'Arme blindée cavalerie.

Le lieutenant Jacques Defline, du 8 Choc, participa aux combats pour la défense d'Huguette 6 au cours desquels il fut grièvement blessé dans la nuit du 4 au 5 avril.
Saint-cyrien de la promotion Garigliano (1949-1951), Jacques Defline choisit de servir à sa sortie de l'école dans l'Arme blindée cavalerie.
Breveté parachutiste, il débarque en Indochine en septembre 1953 où il est affecté au 8 Choc avec lequel il saute sur Diên Biên Phu le 21 novembre 1953.
Blessé par balles au cou et à la jambe droite le 5 avril 1954, il est le premier officier à être évacué
de la cuvette le 24 mai. Le 11 juin suivant il est amputé de la cuisse
droite à l'hôpital Lanessan à Hanoï et le 16 août rapatrié par avion sur la métropole.
Lieutenant Jacques Defline, chef de section à la 3º C du 8 Choc.
Le sommeil, qu'enfin libéré de mes soucis, j'avais cru tenir est brusquement interrompu par un ordre bref : << À votre tour... vous partez en contre-attaque au bout du terrain d'aviation, vous y trouverez un guide et des ordres. >> Chacun, ensommeillé et fatigué, maudit le sort mais se prépare avec précision au combat.
Au bout du terrain en fait de guide nous n'entendons qu'une voix à la radio qui nous incite à aller de l'avant, sans protection naturelle, dans la nuit, au milieu des tirs de mortiers et d'armes automatiques. Nous progressons à l'aveuglette jusqu'à ce que << Jaune >> entre dans mon réseau: Jaune, c'est l'indicatif de mon commandant de compagnie, le capitaine Bailly qui, installé en bout de piste, demande le renfort de ma section avec laquelle je traverse le terrain pour le rejoindre.
Je m'étends sur le dos à côté de Bailly avec nos postes radio près de nous: nous sommes adossés à une butte derrière laquelle il y a « le drain », grande tranchée qui longe le terrain d'aviation et au-delà les Viêts qui nous tirent dessus, nous rendant difficile la tâche d'observation nécessaire pour bâtir notre action.
Le petit jour se lève, ce qui va faciliter l'observation, mais les premières balles commencent à arriver de l'autre côté du terrain, car les Viêts y sont installés, nous ne savons pas si le drain est miné mais l'alternative est simple: ou nous restons sur place et sommes des cibles idéales pour l'ennemi, ou nous sautons dans le drain pour nous y protéger, espérant qu'il n'est pas miné. Le choix est rapidement fait et l'un après l'autre nos hommes sautent dans le drain (non miné heureusement). À notre tour, Bailly et moi nous nous apprêtons à sauter, mais il est trop tard, tel un papillon piqué sur un bouchon je me trouve cloué au sol par une méchante rafale qui m'a douloureusement endommagé l'épaule et fracturé la cuisse. Encore sous le choc je bande vaguement ma jambe avec mon pansement individuel, et comme je ne peux me déplacer et que je deviens avec le jour grandissant une cible de plus en plus nette, je choisis l'immobilité du mort pour éviter qu'une deuxième rafale ne m'envoie baguenauder sur les diguettes du Père éternel. Mes guerriers, eux, ne restent pas immobiles et tentent de me sortir de ma situation périlleuse, mais chaque fois qu'ils tentent de sortir du drain - il fait maintenant grand jour -une rafale les force à redescendre. Un grattement de terre à mes côtés va s'amplifiant et une voix me précise qu'ils vont s'occuper de moi. Je suis un peu groggy mais mes pensées moroses sont interrompues par Lebigot qui, apparaissant dans la tranchée creusée à mon côté, traîne un brancard, quelques gestes précis et rapides me font passer de ma position périlleuse audit brancard, je m'étonnerai toujours de n'avoir eu aucune douleur dans ce transfert, allongé sur mon brancard surmonté par des têtes boueuses, couvertes de poussière de poudre et de fatigue mais agréablement connues, l'un d'eux me fait à la cuisse une piqûre de la petite ampoule de morphine que, par hasard, j'avais emportée avec moi. Et ce fut la longue marche, douloureuse, pour m'emmener vers l'antenne chirurgicale, refuge des inutiles débris du champ de bataille. Puis ce fut la longue attente, l'opération dans la nuit, le réveil la jambe enserrée dans sa gangue rigide et douloureuse dans l'atmosphère triste et angoissée de l'animal blessé puis, au-dessus de moi, un visage de femme, une odeur de soupe chaude... je venais de faire connaissance avec Geneviève de Galard. Je suis confortablement installé, le médecin-commandant Grauwin m'a donné son matelas pneumatique j'ai, à la tête de mon « lit », une caisse avec quelques livres, des affaires personnelles, eau, lumière en permanence, tout près la « salle à manger >> des toubibs et donc toujours du monde de passage. 

 

L'ABRI DU LIEUTENANT DEFLINE SUR CLAUDINE

L'abri sur Caudine, et l'intérieur dessiné à son retour de captivité

Allocution prononcée par le général de corps d’armée Christophe de SAINT CHAMAS,
Gouverneur des Invalides,
à l’occasion de la cérémonie d’adieux au
Lieutenant-colonel (H) Jacques DEFLINE,
A l’Hôtel National des Invalides, le jeudi 7 février 2019 à 10h30.

Colonel Jacques DEFLINE, voici venu le moment des adieux que vous adresse la famille de l’Institution Nationale des Invalides, cette famille des Pensionnaires que vous aviez rejointe en 2017, et que vous quittez dans votre 90e année.
C'est l’émotion que nous ressentons alors que, dans quelques instants, vous allez franchir le seuil de l’Hôtel National des Invalides, après avoir traversé la Cour d’Honneur, porté par le détachement d’honneur.Vous rejoindrez ensuite le cimetière d’Issy les Moulineaux pour reposer auprès de votre épouse.
Il me revient l'honneur d'être l'interprète de tous ceux qui vous entourent aujourd’hui, pour vous exprimer notre reconnaissance et notre chaleureuse affection.
Né le 8 mars 1929 à Freyming en Moselle, c’est sur cette terre profondément marquée par l’histoire militaire de notre pays, que votre vocation à servir les armes de la France va naître et grandir.
Aîné d’une fratrie de 9 enfants, vous suivez votre scolarité au Collège Saint Joseph de Lille et vous destinez à la carrière militaire alors que la France s’engage en Indochine, dans ses premiers affrontements avec les combattants du Viêt Minh.
Le 1er octobre 1949, vous êtes admis à l’Ecole spéciale militaire interarmes en qualité de Saint-Cyrien, à l’âge de 20 ans. A l’issue de votre scolarité, vous choisissez l’arme blindée cavalerie et rejoignez Saumur en octobre 1951. C’est sur ces mêmes bords de Loire que vous rencontrez Marie Françoise ADISSON, que vous épouserez quelques années plus tard.
Affecté au 1er régiment de hussards stationné à Auch, vous vous distinguez déjà comme jeune officier par votre enthousiasme et votre grand professionnalisme. Désigné pour servir en Extrême-Orient, vous décidez, avant votre départ, de vous fiancer. Vous embarquez le 25 septembre 1953 pour rejoindre Saïgon. C’est sur cette terre du bout du monde que vous êtes promu au grade de lieutenant.
Vous rejoignez les rangs du 8e bataillon de parachutistes de choc au sein duquel vous montrez vos qualités de chef au combat : audace, capacité d’adaptation et exemplarité à la tête de vos parachutistes dont vous obtenez le meilleur. Parachuté sur le camp retranché de Diên Biên Phu dès le début de la bataille, le 21 novembre 1953, vous vous faites remarquer par votre sens du terrain et votre courage, en particulier du 3 au 13 décembre 1953 au cours d’une action de commandos sur les arrières de l’ennemi.

Engagé à compter du 13 mars 1954 dans les combats acharnés marquant la défense du camp, vous entraînez vos soldats dans des contre-attaques poussées jusqu’au corps à corps contre un ennemi fanatisé et très supérieur en nombre. Le 5 avril 1954, sur votre poste de combat, vous êtes grièvement blessé par éclats d’obus aux deux jambes et par balle au niveau du cou. Pour ces faits, vous êtes cité à l’ordre de l’armée et êtes fait chevalier de la Légion d’Honneur.


Le 8 mai 1954, vous êtes porté disparu et présumé prisonnier. Libéré et transféré à l’hôpital Lanessan le 24 mai 1954, vous êtes rapatrié sanitaire, le 16 août, par voie aérienne depuis Hanoï. Débarqué à Paris le lendemain, vous êtes transféré à l’hôpital militaire de Percy pour y recevoir des soins. Le 30 septembre 1954, vous êtes admis aux Invalides et poursuivez votre parcours médical jusqu’au 13 décembre 1954.
En congé de fin de campagne puis en permissions de convalescence, vous retrouvez votre fiancée, à qui vous rendez sa promesse d’engagement, soulignant que blessé et amputé d’une jambe vous n’êtes plus l’homme qu’elle avait connu avant son départ. Mais elle ne renie rien de son engagement et vous vous mariez ici même, en l’église Saint Louis des Invalides le 28 décembre 1954. Votre foyer aura la joie d’accueillir quatre enfants.
Vous reprenez vos activités de service en mars 1955 et êtes affecté à l’école d’application de l’arme blindée et cavalerie à Saumur à compter du 1er avril 1955. Le 1er octobre 1958, vous êtes détaché à la section technique de l’armée à Paris après avoir été admis au cycle préparatoire à l’enseignement militaire supérieur scientifique et technique et au cours du diplôme technique. Vous êtes promu au grade de capitaine 1er avril 1959.



A l’issue de vos années de scolarité, vous êtes muté en 1963 au 9è régiment de hussards à Reims qui, un an plus tard, devient le 18è régiment de dragons. Le 1er janvier 1964, vous recevez le commandement d’un escadron.
Six mois plus tard, vous êtes admis dans l’arme des transmissions pour continuer à servir l’Institution militaire dans les meilleures conditions. Vous êtes alors affecté à la section technique de l’armée à Paris au sein du groupement « transmissions ». Le 1er juillet 1965, vous êtes promu au grade de chef de bataillon.
Proposé par la commission de réforme de Paris, pour une mise à la retraite pour infirmité grave et incurable, vous êtes muté à la compagnie administrative régionale n° 1 à Rueil-Malmaison. Quatre mois plus tard, vous êtes admis à faire valoir vos droits à la retraite pour infirmités et êtes rayé des cadres de l’armée d’active et des contrôles le 1er janvier 1966.
Affecté dans la réserve opérationnelle, vous participez activement à de nombreuses activités militaires. Promu au grade de lieutenant-colonel de réserve en octobre 1981, vous êtes rayé des cadres et admis à l’honorariat de votre grade le 14 avril 1982.
Parallèlement, votre handicap porté depuis plus de 30 ans n’entame en rien votre volonté et votre enthousiasme et vous entamez une seconde carrière dans le secteur privé, en qualité d’ingénieur chez IBM, jusqu’à votre mise à la retraite définitive.
3
Vous accueillez alors avec bonheur votre famille, vos camarades de promotion et de combat dans votre maison, « Les Buisserets », à Ditré, dans le Maine et Loire. Vous vous adonnez également au dessin et à la peinture, sur des thèmes qui vous tiennent à coeur, l’uniformologie du 1er Empire et les paysages indochinois. Clin d’oeil de l’histoire, vous aurez le plaisir de vous occuper de la salle 39/45 du Musée de l’Armée en qualité de conservateur.
Votre épouse décède le 25 octobre 2017, après plus de soixante-trois années de mariage. A 88 ans, vous demandez votre admission à l’Institution Nationale des Invalides où vous êtes accueilli en qualité de pensionnaire le 14 décembre 2017.
Au sein de cette Institution où vous aviez décidé avec votre épouse de venir terminer vos jours, vous appréciez la compagnie des autres pensionnaires et de vos nombreux visiteurs et visiteuses.
Encore présent jeudi dernier pour les anniversaires de vos camarades pensionnaires, vous nous avez quittés paisiblement vendredi 1er février en fin de journée dans votre 90è année, discrètement.
Vous apparteniez à cette catégorie d’hommes qui ne se plaignent jamais, allant jusqu’à faire oublier à votre entourage qu’il vous manquait une jambe.
Lieutenant-colonel Jacques DEFLINE, vous êtes officier de la Légion d’honneur, titulaire de la Croix de Guerre des théâtres et opérations extérieures avec palme, de la Médaille coloniale, de la Médaille commémorative de la campagne d’Indochine
A vos frères et soeurs Xavier, Marc, Yves, Marie Cécile, Louis et Françoise, à vos fils Jean-Christophe, Benoît, Hugues et Bertrand, à vos dix petits-enfants, à vos trois arrières petits-enfants, j’adresse au nom du président de la République, protecteur des pensionnaires, en mon nom personnel, au nom du directeur de l’Institution Nationale des Invalides, de tout le personnel soignant qui a pris soin de vous et vous a accompagné avec délicatesse, au nom des bénévoles qui oeuvrent dans le cadre de l’institution, au nom de vos camarades de la promotion Garigliano que vous alliez retrouver ici le 23 mars prochain, au nom de vos frères d’armes, cavaliers, parachutistes, et surtout au nom de tous les Pensionnaires des Invalides, présents ou en union de pensée, nos plus vives et nos plus sincères condoléances.
C’est pour vous que le drapeau qui flotte au-dessus de la cour d’honneur est en berne, rappelant aux Parisiens qu’aujourd’hui, nous disons au revoir à un pensionnaire des Invalides.
Nous allons maintenant vous rendre les honneurs militaires, devant l'Etendard des Invalides, en nous levant pour entendre résonner, la sonnerie qui vous honore en cet instant : « Aux Morts ! »
Général de corps d’armée Christophe de SAINT CHAMAS
Gouverneur des Invalides

 

Jacques Defline (8 Mars1929-1er février 2019) Cathédrale St Louis des invalides

Eloge de Jean Christophe, 7 février 2019

 

Mon Général, Mon Père, chère famille, chers amis, Cher Papa,

Que savons-nous de la vie d’un homme ?

Oui, que savons-nous réellement de la vie d’un homme ?

Bien peu de choses en vérité ! Juste ce qu’il veut bien laisser paraitre. Or à ce jeu-là, Papa n’était pas le plus expansif. Élevé dans un monde ancien, où l’on n’étalait pas ses sentiments, ni ses faits d'arme, Papa n’était pas le plus disert de la famille. Mais heureusement, il existe quelques techniques pour restituer à petites touches un portrait au final assez fidèle.

Sur une grande feuille de papier on poserait un peu de Noir de Fumée pour évoquer les terrils du bassin houiller de Freyming- Merlebach où tu naquis en Lorraine, il y a près de 90 ans, puis ceux du Nord où tu as grandi, ainé d'une famille de 9 enfants.

Avec une touche de Rouge indien on évoquerait la brique du Collège St Jo à Lille, où tu reçus cette solide formation des Pères Jésuites qui vous arme pour la vie de quelques principes simples que tu as vite adoptés : le sens du devoir, la rectitude morale, le refus de toute soumission au pouvoir de l’argent, la fraternité, la fidélité et la persévérance dans l'effort, Ad Majorem Dei Gloriam.

Dans le bas de la feuille, on délayerait quelques nuances d'Ocre Jaune rappelant cet uniforme scout qui a également constitué un apprentissage important, ou cette vareuse militaire que tu as portée  pendant un peu moins de 20 ans, consécration d’un itinéraire qui semblait tracé depuis longtemps.

 

On rajouterait alors une pointe saillante de Rouge Vermillon pour évoquer le casoar des Saint-Cyriens, la couleur du feu qui s’est déversé sur Dien Bien Phu, où tu as été parachuté et celle du sang qui a coulé lorsque blessé, il a fallu t’amputer de la jambe droite, à seulement 25 ans. Ce rouge, d’ailleurs, on lui donnerait même la forme de cette rosette de la Légion d'Honneur que tu arborais avec une fierté légitime.

Avoir échappé au sort tragique de bon nombre de tes compagnons d’arme, explique sans doute cette extraordinaire résilience, qui t’a permis d’accepter ce handicap, sans jamais te lamenter, nous donnant ainsi un exemple vivant de ce bon précepte d’éducation Britannique : ‘Never explain, Never complain’. Permets nous d’associer à cet instant la force de caractère de notre mère, alors ta fiancée, qui s’est résolument engagée avec toi, avec la certitude qu’ensemble, vous surmonteriez ce handicap, en dépit des contraintes qu'il impliquait.


 

D'un peu de Terre de Sienne on figurerait cette pipe de bruyère dont tu ne te séparais jamais et cette légendaire jambe de bois ramenée du Tyrol, qui nous permettait d’impressionner nos cousins et nos amis, nous dédommageant un peu de toutes les activités sportives dont elle nous a privées avec toi.

Pour tourner cette page douloureuse, on choisirait un Bleu d’Azur éclatant, rappelant la couleur du képi et des épaulettes des Hussards, auxquels tu étais si heureux d’appartenir, mais aussi le bleu de cette autre organisation militaire, qui t’accueillit lorsque tu décidas de quitter l’armée, je veux parler de "Big Blue" plus couramment appelée IBM.

On ajouterait alors la touche vaporeuse d’un Gris Tourterelle pour figurer la crinière argentée et les pattes que tu as soudainement laissées pousser, comme s’il fallait signaler ostensiblement la fin de ta vie d'officier, ce dont nous nous sommes tous réjouis, tant nous étions rebelles à tes tentatives de transposition dans la famille d’une autorité par trop militaire et à ta conception si particulière du débat, où toutes les opinions étaient autorisées, à la condition qu’elles se rallient à la tienne.

Puis, avec un peu de Bleu de Prusse on évoquerait la douceur Angevine de la Loire et le reflet des toits ardoisés de Saumur. C’est là que jeune sous-lieutenant à l’École de Cavalerie, tu avais rencontré celle qui allait devenir ta femme et qu'ensemble, vous avez choisi de faire de cette région, votre terre d’élection.

Alors, avec quelques taches de Vert Émeraude, on ajouterait le bosquet de noisetier

à l’ombre duquel tu aimais te tenir dans cette maison de Distré, aménagée à votre image, riante, chaleureuse et accueillante, mais aussi ce vert des rizières d'Indochine que tu as tant aimé dessiner et qui sont d'ailleurs, les seules aquarelles que tu aies emportées avec toi aux Invalides.

D’ailleurs, il nous manque pour compléter ce portrait, quelques aplats d’un Jaune de Cadmium éclatant, pour figurer l’or de la coupole de cette institution si chère à ton cœur. C’est à l’ombre de ce dôme, à deux pas d’ici, que tu as préparé St Cyr. Tu y as ensuite séjourné à ton retour d’Indochine, pour y être soigné et rééduqué, premier officier français relâché par le Vietminh. Maman et toi avez alors choisi de vous marier, ici même, dans cette magnifique Cathédrale chargée d'histoire. Enfin, jeune retraité, tu y es même revenu diriger la toute première numérisation des collections du musée de l’Armée, avant de décider de faire de cette noble maison ta dernière retraite.

A cette occasion, nous souhaitions mon Général, vous exprimer notre gratitude voir la République Française, reconnaissante envers ceux qui ont versé leur sang pour elle, leur offrircet écrin magnifique pour leur remise en formeou leur fin de vie. Soyez mon Général, notre messager auprès de toutes les équipes de l'INI, pour les remercier de leur dévouement, leur implication et leur extrêmegentillesse, donnant ainsi à cette institution un esprit quasi familial.

 

Il nous manque juste une ultime touche pour conclure. Vous le savez peut-être, le Blanc est absent de la boîte d’aquarelle, car c’est le papier qui fournit cette couleur. Alors, pour parachever ce portrait, nous allons laisser une grande réserve blanche sur notre feuille, juste au-dessus de ce dôme, pour évoquer cette lumière éternelle et cette paix que nous l’espérons tous, tu as enfin trouvé, désormais réuni avec Maman.

 

Voilà, cette évocation est forcément incomplète, mais je ne doute pas que vous saurez y rajouter la touche coloréede vos souvenirs, car commel’a si joliment dit Jean d’Ormesson :


 

« Il y a quelquechose de plus fort que la mort, c’est la présence des absents dans la mémoire des vivants »

 

A Dieu Papa et merci pour tout ce que tu nous as transmis avec Maman et qui nous structure. 

 

Jacques Defline

©Droits d'auteur. Tous droits réservés.

Nous avons besoin de votre consentement pour charger les traductions

Nous utilisons un service tiers pour traduire le contenu du site web qui peut collecter des données sur votre activité. Veuillez consulter les détails dans la politique de confidentialité et accepter le service pour voir les traductions.